(MOI:)J'ai le coeur sombre et vide. Où pourrais-je me défouler? Ma vie n'avance à rien, ma vie ne sert à rien. Je me justifie sans cesse par un idéal utopique. L'amour? Foutaise. Le succès? Vanité. L'amitié? Trop compliquée. Qu'est-ce qui me reste?
Je voudrais revenir à la pureté, à l'innocence de mon enfance. Celle qui me protégeait de moi-même. Celle qui me faisait vivre comme dans un rêve. Mais voilà, l'homme vieillit et à celui qui réfléchit, la vérité finit toujours par lui exploser au visage. Il en reste défiguré. La vie est vide de sens. La vie n'apporte rien de bon.
Je suis le propre architecte de mon malheur. J'ai eu ce désir utopique d'être heureux, de vivre sans remords. Détraqué. Folie. Utopie. Je suis l'être détestable qui rend cette existence pénible aux autres. Riez, chantez, buvez, mangez, car demain vous mourrez. Bandes d'imbéciles, à vous complaire dans vos petites crises existentielles, vous croyant intelligents. Tout n'est qu'inepties! Rentrez chez vous philosophes, rentrez chez vous politiciens! Rentrez chez vous humains! Car demain vous mourrez et il ne restera que souffrance et vide.
(Le JUGE:)L'Univers vous rejète, êtres rebels et sans intelligence. Elle est fatiguée de vous entendre murmurer contre elle alors que vous êtes les seuls responsables de votre malheur. Vous serez détruits, jusqu'au dernier, sans que rien ne reste de vous. Et on se promènera heureux de ce que cette erreur aura été effacée. Personne ne vous regrettera, au contraire. Notre honte disparaîtra. Et vous finirez par disparaître. Nul n'existera, non plus le souvenir. Votre existence aura été éphémère.
(Le CRÉATEUR:) Petits êtres humains faibles. Je peux vous anéantir par ma seule parole. Par ma seule pensée. Et vous, vous continuez à me rejeter, à me mettre de côté. Vous voulez être vos propres Dieux et lorsque vous subissez les conséquences de votre choix, vous venez me crier à l'injustice, vous venez m'insulter et me repprochez ces conséquences. Me prenez-vous donc pour un imbécile? Qu'est-ce que justice sinon ce qui m'appartient? Je suis la justice et vous êtes l'injustice. Vous avez choisi de vivre ainsi. Soit, j'ai choisi de garder seulement un reste de vous. Injustice? Non, car si l'injuste crie à l'injustice, personne ne l'écoutera et elle sera rendu néant. Du reste, je vous laisse vous perdre dans vos raisonnements absurdes et insipides. Discourez, faites des débâts, divertissez-vous, créez vos lois, débauchez-vous, ayez du plaisir, mais subissez les conséquences de ce choix qui est vôtre.
(MOI:)Vous êtes tous pareils, à vous cacher dans la peur de l'autre, dans la peur de vous même. À chercher l'inutile, la supériorité. Hypocrites, ne vous rendez-vous donc pas compte que le mal existe par votre faute? J'aimerais m'élever, oublier, partir d'ici loin, là où j'existerais de moi-même, là où je pourrais finalement trouver le calme et la paix.
J'ai eu la douce innocence de croire en l'amour. Quelle imbécilité ce fut. L'amour que je cherche est pure utopie ou ne s'accomplit que dans la mort. Ce n'est plus qu'un rêve lointain, flou.
Je décide d'abandonner de moi-même et je finirai par sourire.