J'aime la vie à vivre, la vie future dans le temps passé ou s'en va les esprits. Elle a viré sur le coup du dernier car le premier n'y pouvait pas l'accès, n'y pouvait rien.
J'aime l'orgueil qui pousse l'être à agir, l'esprit à courir... et l'âme? Il trotte à l'arrière dans un tourment, entouré, pâte molle et friable dont l'information et la désinformation fait son jeu. Accommodement, c'est raisonnable. Oui car tout l'est, tout, oui tout est laid.
J'aime la cruauté de l'âme empêtrée dans son doute, mortifiée de peur, éclaboussée ici et là par l'amertume. De son bateau ailé, elle vole vers sa perte, descente infernale et entraînante. Les moutons accourent.
J'aime le loup cruel et perfide, cherchant le mal et la mort, frappant les mots du regard halluciné de la masse. Il ne dort jamais, toujours affûté comme une hache qui fend les crânes, qui écrase la parole et l'expression.
J'aime la petite ballerine perdue sans fleur que je trouve, attention de ne pas te mordre, la vie est dure. Un espace de souffle brillant, éclaté de sang éclatant. Voilà et c'est tout et c'est rien. Une petite danse d'adieu, une petite danse de bienvenue, histoire de l'humanité.
J'aime l'arme tranchante qui coupe les fils de vision. Le cerveau n'a pas de reste, il ne peut plus se le permettre. Elle se croit maîtresse d'elle-même mais l'escrimeur se rit d'elle en lui cachant sa présence. Quelle amère découverte de se savoir dépendant en ayant vécu pensivement, indépendant, évasion sans prétention.
Tout concourt à la sourdine musicale qu'est l'ami du vide et du néant, le silence.